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Conférence d’Isaac Getz sur les entreprises libérées

Il y a quelques mois nous avions parlé, sur ce même blog, du concept des entreprises libéréese, comme le lieu où certains d’entre nous trouvent l’épanouissement au travail.

Tout début décembre j’ai eu la chance d’assister à une conférence d’Isaac Getz, professeur chercheur qui a popularisé ce terme d’entreprises libérées dans des livres écrits suite à des recherches en entreprises justement.

Quand on se pose la question des conditions du bonheur au travail, ses recherches nous apprennent beaucoup sur ce dont ont besoin les gens pour être épanouis et ainsi donner le meilleur d’eux-mêmes.

Une situation qui n’est pas rose.

La situation actuelle est loin d’être satisfaisante, que l’on se place du point de vue des entreprises, ou de celui des salariés.
D’une part du côté des entreprises, seule une faible portion seulement survit au bout de 10 ans (10%)… et une portion encore plus faible passe le cap des 40 ans d’existence (seulement 1%). La pérennité apparaît comme un défi et laisse à penser que l’énergie de celui ou celle qui porte le projet à l’origine ne suffit pas.

D’autre part du côté des salariés, où les enquêtes montrent que le désengagement au travail est presque devenue une norme. Isaac Getz s’appuie notamment sur l’étude Gallup « State of the Global Workplace » de 2013 qui détaille que seulement 9% des salariés français sont activement engagés… face à 65% de salariés qui ne sont pas engagés, et 26% qui sont activement désengagés.

Dans le cadre de ses recherches, Isaac Getz observe que plus l’organisation est grande, plus il y a de niveaux hiérarchiques, plus le sentiment des salariés est d’être perdu dans une forme d’anonymat… et plus on observe d’absentéisme.

Il ajoute qu’en France, 75% des visites chez le médecin généraliste sont dues au stress au travail.

La cause numéro 1 du stress étant liée au manque de contrôle que les gens ont sur leurs propres tâches ainsi qu’aux tensions avec la hiérarchie.

Des solutions qui n’en sont pas toujours.

Face à ce constat très insatisfaisant, les solutions proposées au sein de nombreuses entreprises ne sont malheureusement pas toujours à la hauteur de l’enjeu.

Nombreux sont ceux qui pensent que la réponse au désengagement est à chercher du côté de la « remotivation ». On parle alors de remotiver les gens comme si les salariés ne fonctionnaient qu’à la carotte ou au bâton.

Afin de faire comprendre le caractère décalé de cette idée de « remotivation », Isaac Getz évoque la métaphore du « leader jardinier ». Face à une plante qui baisserait la tête, il explique que l’encourager à redresser la tête n’aurait absolument aucun effet. Il ne s’agit donc pas de motiver ou remotiver la plante mais bien pour le jardinier, d’offrir à la plante les conditions dont elle a besoin (eau, lumière, engrais minéraux,…) pour corriger sa posture.

Le défi des managers aujourd’hui serait de de comprendre les conditions qui doivent permettre l’épanouissement de leurs équipes, puis de permettre la réalisation de ces conditions, bien plus que de motiver leurs équipes.

Mais alors, de quoi les salariés ont-ils besoin pour être pleinement engagés ?...

De liberté bien sûr !

Et pour confirmer sa thèse, Isaac Getz partage quelques exemples d’entreprises libérées, sachant qu’une entreprise libérée correspond d’après lui bien plus à une philosophie qu’à un modèle à dupliquer.

Isaac Getz évoque notamment la fiche cartonnée (en lieu et place du guide d’accueil) remise aux nouveaux salariés de la société Nordstrom. Cette chaîne de magasins implantée aux Etats-Unis, s’engage à satisfaire ses clients, et à ce titre ne propose qu’une seule règle à ses salariés : « utiliser votre bon sens en toute situation ». Traiter les gens comme des égaux c’est faire confiance en leur intelligence.

Cette entreprise, comme les autres entreprises libérées, s’engage à libérer l’initiative qui est étouffée, à permettre la réalisation de soi et à encourager les salariés à s’auto-diriger.

Isaac Getz ne veut pas proposer une méthode mais préfère encourager à s’engager sur un chemin à co-construire entre le ou les dirigeants qui portent ce projet et les salariés de l’entreprise qui ont des idées.

S’engager sur la voie de l’entreprise libérée c’est tout d’abord croire que l’on peut prendre du plaisir au travail (sinon pourquoi même chercher à créer les conditions de ce bonheur au travail ?), ce qui correspond bien à la conviction qui nous anime sur monjobideal. Le succès d’une telle initiative passe non seulement par le mandat laissé au leader pour transformer l’organisation, par le fait que ce même leader soit disposé à abandonner une part des bénéfices liés à son statut (et donc qu’il n’ait pas de souci d’égo) et aussi par la cohérence du projet global (si la confiance n’est que partielle, alors les salariés risquent de surtout voir les incohérences de l’ensemble).

Il y a une semaine, nous diffusions la première partie de notre interview avec Etienne, Gautier et Simon, eux-mêmes acteurs d’une de ces entreprises libérées. Si vous voulez en savoir plus sur leur quotidien, n’hésitez pas à retrouver la suite de leurs aventures dans la deuxième et dernière partie de cet interview, publiée lundi prochain.

Envie d’en savoir plus sur les secrets des organisations qui ont su libérer les énergies et ainsi favoriser l’épanouissement de leurs salariés ?


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